20 septembre 2022

Discours de Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani Émir de l'État du Qatar Au Débat général De la 77ème Session De L’Assemblée générale des Nations Unies

New York, le 20 Septembre /QNA/ Discours de Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani Émir de l'État du Qatar Au Débat général De la 77ème Session De L’Assemblée générale des Nations Unies Siège des Nations Unies.

Au nom d'Allah, Le Clément, Le Miséricordieux
Votre Excellence Monsieur le Président de l'Assemblée Générale,
Votre Excellence Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs, D'emblée,
j'ai le plaisir de féliciter Son Excellence Monsieur Csaba Korosi pour son accession à la présidence de la 77ème Session de l'Assemblée générale, lui souhaitant plein succès. J'exprime également notre reconnaissance à Son Excellence Monsieur Abdulla Shahid, président de la 76ème Session pour les efforts fournis. Nous apprécions aussi les efforts déployés par Son Excellence Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, pour avoir renforcé le rôle des Nations Unies et atteint ses objectifs. Monsieur le Président, Notre monde est devenu un village planétaire où nos préoccupations et nos problèmes sont étroitement liés. Bien que notre monde ait rapidement changé en termes de propagation des effets de tout incident environnemental, crise économique ou affrontement militaire au niveau mondial, nos approches et nos méthodes n'ont pas évolué à un rythme similaire pour aller de pair avec ces transformations nouvelles. Que l’on croit que le monde est unipolaire ou multipolaire, la politique internationale est toujours gérée par la logique des pays qui ont des capacités, des intérêts et des priorités variables, et non selon la logique d'un seul monde et d'une seule humanité. Et je pointe plus précisément la gestion des crises mondiales dans une perspective d'intérêts étroits et à court terme, la marginalisation du droit international, la gestion des différences en fonction des rapports de force, et non sur la base de la Charte des Nations Unies et du respect de la souveraineté des États. Comme je vise l'absence de mécanismes suffisants pour dissuader et réprimer les agresseurs de la souveraineté des États, l'incapacité de la communauté internationale à imposer des règlements lorsqu'ils sont rejetés par la partie puissante dans tout différend. Dans ces circonstances, l'importance de la sagesse et de la rationalité dans les attitudes des dirigeants, et l'adhésion aux principes de justice et d'équité dans les relations entre les États est primordiale. Monsieur le Président, Nous sommes pleinement conscients de la complexité du conflit russo-ukrainien et de sa dimension internationale ; Cependant, nous appelons à un cessez-le-feu et à rechercher directement une solution pacifique au conflit. C'est ainsi que va se clore l'affaire de toute façon, quelle que soit la durée de la guerre. La poursuite de la guerre ne changera pas ce résultat, mais augmentera plutôt le nombre de ses victimes et doublera ses conséquences désastreuses sur l'Europe, la Russie et l'économie mondiale en général. Par contre, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rappeler aux représentants des pays présents que la question palestinienne n’est pas encore résolue, et compte tenu de l’absence de la mise en œuvre des résolutions de la légitimité internationale et du changement persistant des faits sur le terrain, l'occupation des colonies est devenue une politique du fait accompli, ce qui pourrait changer les règles du conflit ainsi que l’aspect de la solidarité internationale à l'avenir. À cet égard, je réitère notre pleine solidarité avec le peuple palestinien frère dans son aspiration à la justice, et je réitère également la nécessité pour le Conseil de sécurité d'assumer sa responsabilité en obligeant Israël à mettre fin à l'occupation des territoires palestiniens et à établir un État palestinien aux frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Dans notre région également, la communauté internationale a été incapable de tenir les criminels de guerre en Syrie responsables de ce qu'ils ont perpétré. Tout en échouant, certains cherchent à tourner la page de la tragédie du peuple syrien sans contrepartie, ignorant les grands sacrifices consentis par ce peuple en détresse, et sans une solution qui réalise ses aspirations, l'unité, la paix et la stabilité de la Syrie. Les Nations unies ne peuvent accepter que la voie politique se résume sous les auspices de la soi-disant Commission constitutionnelle. Le cas syrien offre une leçon importante sur les conséquences de l'absence de la vision à long terme des forces actives de la communauté internationale lorsqu'il est question de traiter les souffrances des peuples face à la tyrannie sans limites, à l'extrême pauvreté et aux guerres civiles avant que des phénomènes concurrents, tels que l’asile ne deviennent le problème à résoudre. Nous apprécions grandement le rôle des pays qui ont accueilli les réfugiés syriens, mais nous ne pouvons que mentionner que nous devons examiner les racines des problèmes avant que leurs effets ne touchent les portes de notre pays. En Libye, nous appelons à une action internationale immédiate pour parachever le processus politique, s’entendre sur la base constitutionnelle des élections et unifier les institutions de l'État. Tous sont conscients que l'État ne peut être rétabli sans l’unification des forces militaires et la réhabilitation des factions armées en une seule armée nationale, et le rejet de celui qui refuse cette solution et le tenir pour responsable. Au Yémen, nous voyons une lueur d'espoir dans le consensus des parties en faveur d'une trêve temporaire, et nous ambitionnons à un cessez-le-feu global et permanent en préparation de négociations entre les parties yéménites sur la base des résultats du dialogue national, de l'Initiative du Golfe et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2216. Nous espérons que la réconciliation nationale sera accompli en Irak, au Liban et au Soudan, en élevant l’élite politique au niveau des tâches requises et connues, nécessaires pour permettre la réalisation des aspirations des citoyens, ce qui garantit l'unité du peuple et la nation et préserve à la fois sa diversité. C'est non seulement possible, mais c'est très réaliste s'il y a la volonté et l’intention de faire des concessions pour parvenir à des compromis et abandonner l'approche sectaire partisane des quotas que les jeunes générations rejettent. Monsieur le Président, Au Qatar, nous croyons à la nécessité de parvenir à un accord équitable sur le programme nucléaire de l’Iran qui tienne compte des préoccupations de toutes les parties, garantisse le statut de la région exempte d'armes nucléaires et qui garantisse au peuple iranien le droit de bénéficier de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Personne n'a d'alternative à un tel accord, et le conclure sera dans l'intérêt de la sécurité et de la stabilité de la région et ouvrira la porte à un dialogue plus large au niveau de la sécurité régionale. En ce qui concerne l'Afghanistan, nous appelons toutes les parties à respecter l'Accord de paix de Doha et à s’appuyer sur celui-ci, à savoir empêcher l'Afghanistan de devenir un refuge pour les individus et les groupes terroristes et extrémistes afin que le peuple afghan puisse jouir de la stabilité et la prospérité tant attendues. Nous avons souligné à plusieurs reprises la nécessité de protéger les civils en Afghanistan, de respecter les droits de l'homme et du citoyen, y compris ceux des femmes, celui des filles à l'éducation, et de parvenir à la réconciliation nationale entre les factions du peuple afghan. Nous avons également mis en garde contre le danger d'isoler l'Afghanistan et contre les conséquences néfastes de son siège. Honorable Audience, En raison du manque de coordination mondiale et de planification rationnelle et équilibrée des politiques énergétiques depuis de nombreuses décennies, nous sommes tous confrontés aujourd'hui à une crise énergétique sans précédent. Près d'un milliard de personnes dans le monde vivent privés de source d'énergie primaire fiable. La crise de la guerre en Ukraine est peut être nouvelle, mais les situations dans lesquelles les crises politiques se transforment en crise énergétique ne sont pas nouvelles, elles s’aggravaient en silence avant même la guerre en Ukraine. Des décennies de pression pour arrêter les investissements dans les énergies fossiles avant de préparer des alternatives durables et respectueuses de l'environnement que nous devrions chercher à développer, ont provoqué des pénuries d'approvisionnement énergétique. Il ne fait aucun doute que le changement climatique et la protection de l'environnement en général nous obligent à diversifier les sources d'énergie dès que possible, mais nous devons fournir de l’énergie entre-temps et réaliser de manière réaliste que l'avenir de l'énergie englobera un mélange diversifié de sources durables telles que l'énergie solaire, l'hydrogène, l'énergie éolienne et les sources d'hydrocarbures. Grâce à l’investissement du Qatar dans le gaz naturel liquéfié il y a des décennies, nous avons pu commencer à développer le champ gazier Nord, qui jouera un rôle central dans l'atténuation de la crise des pénuries d'énergie dans des parties importantes du monde. Certains produits tels que l'énergie, les denrées alimentaires et les médicaments imposent une responsabilité à leurs exportateurs et cette responsabilité va au-delà de la responsabilité commerciale, à commencer par la fiabilité et le respect des engagements. En outre, il est interdit de bloquer le flux de ces biens ou d'interdire leur exportation ou importation en période de crise politique et d’imposition de blocus aux États, et dans la même mesure, ils ne peuvent pas être utilisés comme instrument de conflit, car ils ne sont pas une arme. Il n’est pas permis de contrôler les ressources en eau comme s'il s'agissait d'outils politiques.
Monsieur le Président, Les réalités de notre monde d’aujourd'hui brossent un tableau sombre de l'avenir de l'humanité, mais nous croyons au dialogue, à l'action commune, et à la tentative de chacun de comprendre l'autre en se mettant à sa place pour voir les choses de son point de vue. Les pays petits et moyens sont ceux qui ont le plus besoin de règles fermes régissant les relations internationales, car la dépendance à l'égard des grandes puissances ne devrait pas être une raison pour ne pas maintenir la communication entre nous. Chacun de nous a un rôle à jouer, et ce qui semble impossible aujourd'hui peut devenir une réalité réalisable demain lorsqu'il y a une vision, une volonté et de bonnes intentions. L'approche que nous avons adoptée au Qatar est de nous concentrer sur le développement national et humain interne, et d'adopter une politique étrangère fondée sur un équilibre entre les intérêts et les principes, la médiation dans le règlement pacifique des différends, outre la reconnaissance de notre responsabilité en tant qu’exportateur d’énergie. Cela nous a permis de consolider notre réputation de partenaire de confiance internationale. Le Qatar accueillera le monde en novembre prochain lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2022. Le défi que nous avons posé il y a douze ans a nécessité une réelle résolution, de la détermination, beaucoup de planification et de travail acharné. Et nous voici aujourd'hui sur le point d'accueillir les équipes nationales du monde et leurs fans, et d’ouvrir les portes de Doha à tous sans discrimination pour profiter du football et de l'atmosphère enthousiaste du championnat, et pour qu’ils puissent être témoins du développement économique et culturel dans mon pays. Dans ce tournoi, qui se tiendra pour la première fois dans un pays arabo-musulman, et pour la première fois au Moyen-Orient en général, le monde verra que l'un des petits et moyens pays est en mesure d'accueillir des événements mondiaux avec un succès exceptionnel et impressionnant, en plus de sa capacité de fournir un espace confortable pour la diversité et l'interaction constructive entre les peuples. Nous notons l'impact positif de cet événement dans notre région, car les pays arabes frères ont également envisagé la carte «Hayya», qui comprend un visa d'entrée au Qatar, ainsi qu’un visa pour entrer dans ces pays. L’idée a été accueillie favorablement par l'opinion publique et a motivé les peuples arabes à envisager un avenir où les barrières disparaîtront entre les peuples. Le peuple qatarien recevra à bras ouverts les fans de football de tous les horizons. Le Tout-Puissant dit : "Et Nous avons fait de vous des nations et des tribus afin que vous vous connaissiez les uns les autres." Et quelle que soit la diversité de nos nationalités, religions et idées, notre devoir est de surmonter les obstacles, de tendre la main de l'amitié, de construire des ponts d’entente et de célébrer notre humanité commune. Et au nom de mon peuple et en mon propre nom, je vous invite tous à venir au Qatar et à profiter de ce championnat unique. Alors Bienvenue à tous. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous.
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